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en fin

Quelques mois que j'hésite, sinon plus.
J'ai perdu le cœur à l'ouvrage en ouvrant les plaies.
Quatre ans de plus ou moins bons et loyaux services.
Ici et ailleurs, je n'ai pas su mater l'échec.
Je ne me relève pas encore tant j'ai creusé le sol sur lequel je vacille et ploie.
Sans doute écrasé par le poids de chacune de mes fausses notes, syncopes et dissonances.
Derrière moi, cette énième partition lacuneuse et avortée... et cet infernal gout amer et tenace du vide de sens.

Il est temps pour moi d'avancer à découvert, de tomber le masque de mon imposture volatile et de mettre un terme à ce cache-cache odieux bien que confortable. Il est peut-être un peu tard pour cesser de croire en ce que je ne suis pas. L'avenir le dira. Ou pas.

Merci à vous, visiteurs, explorateurs, pèlerins et autres nomades des blogs pour cette riche et belle aventure d'échanges qui m'a aidé à fixer les maux pour mieux les relier à la relecture.

That's all folks...


Benjamin



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des routes


Malgré les itinéraires hésitants et chaotiques, les créations végétales parfois spontanées et les litres de café allongé, je me dis qu'il doit y avoir une certaine logique dans tout ça.
Un fil conducteur malgré la panne sèche et persistante. Et puis mine de rien, il y a ce blog vers lequel je me retourne. Celui-là même qui n'est pas tout à fait moi, mais qui me recentre. Derrière lequel je me dissimule pour m'exprimer, parfois m'exposer, en choisissant mes codes et mes balises.
Je tiens à ce fil que je façonne mais je ne sais pas vraiment à quoi lui tient.


charlie winston - my name
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forteresse de solitude


fortress of solitude


thomas dybdahl - solitude
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post mortem

Je n'avais pas compris l'enjeu, ni l'urgence. Je n'avais pas senti l'amplitude de cette métamorphose. La digestion chaotique et à retardement de ma trentaine m'aura finalement donné l'occasion d'avancer un peu plus à découvert. Délesté d'espoirs superflus, d'une naïveté romantique et de faux-semblants sertis d'orgueil. Il a fallu défaire et tailler dans la masse pour polir ce reflet, aujourd'hui plus aiguisé, qui a fini par lacérer mes contours. Moins familier mais sans doute plus authentique, cet hôte embarrassant est exigeant et implacable. Les formes que mon corps et mon esprit ont pris me troublent. Je me fantasmais comme un re-père solide et fiable. Aveuglé par la volonté de bien faire et de donner du sens, je me suis obstiné à panser ses plaies en voilant les miennes. Alors que mon armure s'effrite, je fais face à la nécessaire solitude de mon écho. Devenu l'inconnu de ma propre équation, j'assimile difficilement le second degré. Je tente d'accepter l'inconfort et de cesser le grand écart de mon immobilisme ; mon impossible posture. Mais je cède encore sous le poids de ma vérité, sans doute par lâcheté, vulnérable aux possibles impostures. Un champ libre et pourtant asséché. Un terrain en friche sur lequel je résiste obstinément à l'appel de semer tant je sais que la récolte peut être douloureuse. Le labeur de s'aimer me tétanise. Alors je scrute la récompense de nos échanges et me tapis dans mes peurs, à l'affut de la moindre occasion pour me décourager. Les inévitables faux-pas et mes tours de passe-passe me confortent dans la désillusion. A force, mon coeur est devenu un champ de bataille sur lequel je passe mon temps à compter les maux et les deuils depuis notre sécession, submergé par la crainte d'y perdre d'autres plumes. Mon coeur me dit aussi combien cet amour est précieux et rare. Je tombe à nouveau sous les coups de canon de mes doutes. Sans pouvoir renaitre de mes cendres et ré-apprendre à voler, aile contre aile, lui avec moi.



Handsome Boy Modeling School feat. Cat Power - I've been waiting
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leurre de la récré



Tu as raison.
C'était ma récré, dans un écrin de fourrure à poils rouges et violets. Un cocon de bulles qui réchauffe, délie et exalte les sens. Mais même dans un espace de liberté comme celui-là, il y a un moment où on ne peut plus vraiment laisser passer l'heure de la sieste...


paristopher - meteoX

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la grace du cyclone

Une vraie nuit de gala au Rex, en compagnie de l'indomptable miss Jones qui atteint des sommets d'élégance et de maestria. La mise en scène est épurée et incroyablement efficace. Un chapeau, des lumières, rien de plus pour que Grace Jones irradie sur scène, avec chaleur et spontanéité. L'air de rien, son impressionnant déhanché finit par faire tourner nos têtes et son hula hoop avec classe et désinvolture. Sa voix grave sussure puis gronde. La tempête sublime et parfaitement maitrisée finit par faire chavirer le public qu'elle invite à danser sur scène, malgré les agents de sécurtié : "Je fais ce que je veux, c'est ma soirée"... Impossible de lui refuser quoi que ce soit. Inutile de résister. Grace évoque sa mère, sa folie pour les chapeaux et ses soirées à la coke. C'est renversant de naturel, tant rien n'est coupé, tout est à l'état pur.





grace jones - hurricane
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gribouillages



Il y a de ces éclaircies qui inspirent confiance.
J'entrevois les pleins et les déliés de mes desseins encore indécis.
Je sens le souffle fébrile sur les pages pas tout à fait vierges de l'être que j'écris.
Alors je contemple avec appréhension le sablier du temps, partagé entre le chant envoûtant des possibles et l'éternel recommencement de la suite.

Et puis cette phrase catégorique d'Aragon résonne immanquablement :
Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard
Lorsque je l'évoque chez la psy, elle me demande "Alors, on ne capitalise pas ?"
Bah au mieux, je crois qu'on gribouille... Difficile donc de se relire.



barbara - il n'y a pas d'amour heureux
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l'incongru de la semaine

“Je n'avais jamais vu pareil homme. Il était seul et l'isolement fait beaucoup pour la solitude.”

Christiane Bobard - La voie est libre


Petit clin d'œil à mon ami blogger Nicolas et sa délicieuse rubrique...
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trop belle pour moi

Aller à la salle de sport relève du parcours du combattant.
Je viens de filer ma carte et de prendre ma serviette. Je me dis qu'il va falloir éviter de trop transpirer parce que la seconde est payante (2 euros). C'est révoltant vu le prix de l'abonnement (Waou c'est pour le son que tu fais à chaque prélèvement). L'envie de repartir me démange aussitôt. De toute façon j'avais la flemme. J'essaye de me motiver en récitant les innombrables points positifs à faire face à mon destin immédiat... Pas si terrible que ça ? Bah voyons.

Visite guidée des lieux en 4 étapes :


Étape 1 : L'entrée des vestiaires
Tiens, la porte est ouverte. C'est bon signe. Je vais tenter d'anticiper le bras de force dans un gant de velours. Esquiver la course effrénée des divas ultra pressées qui, même lorsqu'un bus fonce sur elles, ne sauraient s'arrêter en si bon chemin. Les statistiques sont assez mauvaises : 1,2% dit "merci" lorsque tu la laisses passer. Le 0,2 peut paraître anodin, mais j'ai pris en compte celles qui se sentent obligées de te signifier que les bonnes manières inculquées par leur mère abusive sont parfaitement intégrées. Mais si ces starlettes le pouvaient, elles t'éclateraient la tête contre le mur avec leur gros muscles parce que leur dignité c'est un laisser-passer à vie. Tout un art qui réside dans un port de tête irréprochable et dans un déhanché à la fois viril et gracieux. Je n'y arriverai jamais. Qu'à cela ne tienne, ne nous décourageons pas pour si peu. Je ne suis pas là pour ça moi ...


Étape 2 ; Le casier
Mon choix est stratégique et se fait généralement selon deux critères :
- Pas trop dans le passage pour ne pas se faire bousculer par quelques créatures victimes de leur masse musculaire et de l'aura considérable qui les enveloppe. Inutile de lutter, le vestiaire est un lieu où le va-et-vient continu ne saurait contrarier le flux intarissable des confidences publiques et autres éclats de rires à Oscar.
- Plutôt dans la rangée du haut, c'est plus pratique et cela épargne mon dos qui va être mis à rude épreuve. De toute façon, je n'aurai probablement plus la force de me baisser après ma séance...
Absorbé par ma recherche, je réalise que je ne m'entends même pas penser. Un énergumène au look improbable et indescriptible hurle dans son téléphone. Ce besoin d'exister à ce point me paraît suspect et j'en déduis qu'il parle certainement à sa boite vocale.
Tiens, je ne suis visiblement pas le seul à être exigeant en termes de casiers car tous ceux du dessus sont déjà occupés. Ah, non, y'en a un... Désolé, parfois je m'en veux d'être aussi persifleur. Si, si.


Etape 3 : Les escaliers
Pour les impératrices et les stars, la descente d'escalier est un exercice particulièrement délicat mais je dois reconnaître que nos divines camarades stéroïdées le maîtrisent parfaitement. Nous pouvons supposer qu'elles s'exercent régulièrement à monter puis descendre (et inversement) les marches des cages d'escalier de leurs immeubles. Bien-sur que cela muscle les fessiers quand tu te tiens bien droit et que tu dodelines la tête. Pour le regard en coin légèrement méprisant, je n'y vois pas de fonction sportive manifeste. C'est juste pour le plaisir. En revanche, j'ai finalement résolu l'énigme des arrêts intempestifs à mi-parcours qui obstruent la circulation. Le fameux onzième commandement : une diva arrête sa course lorsqu'elle croise la route d'une consoeur. Les petits cris hystériques trahissent la complicité (voire plus) qui unit nos deux reines de beauté. Effectivement, de la salle de sport à Cannes, il n'y a qu'un step. Le merveilleux ficus étrangement vert est malheureusement en plein dans le passage. L'espace pour passer est donc particulièrement exigu. Le dernier danger que j'ai repéré provient du panneau innocemment placé au-dessus des coussins. En effet, la vue de cette mention à cinq lettres peut, dans la panique, affoler celles qui savent lire.


Etape 4 : Bah maintenant faut s'y mettre
Maintenant la méthode globale assimilée, il faut prendre son courage à deux mains. C'est un minimum. Les plus souples mettent les pieds à contribution. Les plus mauvaises, la langue.
Je dois avouer que cette photo me rassure à chaque fois que je la regarde. Peut-être que moi aussi, un jour, je saurai comment faire des étirements après 2h00 de course, de vélo elliptique, de machines, de fonte et d'abdos sans être à bout de souffle, juste un peu avant l'article de la mort. Rien à faire, moi, je sue la dernière goutte d'eau qui reste dans ce corps déshydraté et sollicité dans ses moindres recoins musculaires et nerveux. J'ai fini ma séance. Je regarde droit devant moi pour ne pas croiser le regard condescendant de quelques précieuses ridicules pourtant absorbées par des considérations métaphysiques sur le sens du monde. Le slalom s'avère difficile. Je tombe forcément sur un coach sportif spécialisé en conseil physiologique dont l'air blasé et perplexe me rappelle précisément celui des G.O. du Club Med (tout court), lessivés par les monstres hyperactifs pré-pubères que je cotoyais au Mini Club. Je tente de controler mes jambes flageolantes et de continuer mon chemin vers les vestiaires. Alors que je m'apprête à affronter les 3 premières étapes dans l'ordre inverse, des effluves de testostérone déambulent devant moi, me bousculent si besoin est, et me rappellent à quel point il faut souffrir pour être belle. Sans que ça se voit que tu souffres, mais pas que t'es trop la plus belle.

C'est l'heure de la douche. Plutôt chaude si possible...
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my own private superhero

Create your own super hero !

Merci à P. pour ce tuyau découvert sur Ecrans, site de Libération. Comme quoi, 2009 commence super bien finalement.
On peut donc choisir un personnage de base de l'univers Marvel (Wolverine, Spiderman, Ironman...) et le customiser des pieds à la tête. Bon, pas de quoi fouetter une catwoman non plus, mais de quoi égayer un vendredi soir où je rentrais un poil de mauvaise humeur.
D'accord... et de bloquer un peu sur ce site.
Oui, mon super-héro est super chauve, mais faut pas abuser. C'est pas parce qu'on a des super pouvoirs que tout va bien dans le meilleur des mondes. D'ailleurs, mon Canaryboy a perdu sa superlibido ces derniers temps. C'est super-relou et il compte bien en parler à sa psy dès le prochain épisode.
J'avais prévenu que j'avais bloqué... Spéciale dédicace à deux personnages singuliers dont j'ai imaginé les égos altérés et qui se reconnaitront certainement. My pleasure...




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speculum

L'indicible, l'autre balise.
Cruel miroir à l'inflexible reflet,

écho de conscience, mauvaise et acquise.
L'aberration me crible des faits :
seuil de résonance maximale atteint.



Zazie - "J'étais là"

réalisé par Denis Thybaud

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blocus

2009, 4h32

Impossible de m'évader de cette cage.
Tout est bloqué.
Le dos, la tête, le cœur.
Mes 2 pieds bien enferrés dans le sol.
Un vrai bourricot paraplégique...
A l'horizon, une année de plus à supporter les paradoxes d'une vie que je vide de sa saveur.
L'idée ne m'enchante pas plus que ça.
En revanche, l'idée d'être un bourreau pour quelqu'un d'autre que moi-même m'est insupportable. Je suis bien plus maso que sadique. Si je le maltraite, alors il me faudra traiter le mal que je nous inflige. Ne pas l'éreinter avec mon amour inquiet et déconcerté qu'il subit, par amour.
Écartelé et confus, je ne sais pas où me mettre.
Pour le moment je me fige, sans grande conviction.
Ce blocus s'avère manifestement nuisible, mais le mouvement me tétanise. Et bien que je le sente salutaire, je m'enferme dans cette oscillation qui n'a aucun sens.

photo empruntée au site The Village Petstore
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