l'insolence de l'age


L'Happy Hour est un moment bien singulier.
J'attends la bande depuis bientôt 1/2 heure. C'est bondé. Ambiance à moitié happy et pas tout à fait friendly...
D'accord pour reconnaître que le deuxième verre de Merlot aide.
Je regarde autour de moi mais mon champs de vision est soudainement parasité. Un monsieur d'une soixantaine d'années s'approche de moi. Trop près. Il me fixe avec un air auto-satisfait. Nullement flatté, je n'éprouve aucun plaisir à être sa proie. Je me dis que ma réaction immédiate liée à l'age est superficielle et intolérante, mais je perçois toutefois de l'insolence dans sa manœuvre assurée et présomptueuse. Il détache distinctement chaque syllabe, comme si chaque pause était censée laisser agir la subtile magie de ses charmes (au sens sortilèges bien-sûr) :
- Tu viens ici souvent ?
- Non.
- Et tu aimes bien cet endroit ?
- Pas particulièrement...
Il hoche la tête.
- Ah... et tu viens souvent ici ?
- Bah non.
Je me dis que je pourrais mettre fin à cette merveilleuse conversation en allant aux chiottes, mais j'en reviens à peine...
Mon envie de clope se fait plus irrésistible que jamais. Encore plus pressante qu'après un vol de 12 heures à l'autre bout du monde, justement l'endroit où j'aimerais être à ce moment précis. Je me vois alors contraint de respecter soigneusement l'interdiction de ne pas fumer dans un lieu public...
Dehors !
Mon verre de Merlot à la main. Ma clope dans l'autre. Et mon vieux Dom Juan hors de portée.
Seul, face à moi-même, et finalement, plutôt happy pour une fois.




lisa barel - faux-semblants

1 commentaires:

Plume de chat d'aiguille | 14/03/2008 12:23

C'est dans des instants comme ceux ci que l'on apprécie les petits bonheur de la vie. Seul(e, avec son verre, sa clope, son imaginaire à respirer le temps qui passe. Finalement, on est pas si mal...
Sourire.