3 bah

le grand saut

P. insiste pour que je lise ce bouquin. Il a vu juste. "Et Nietzsche a pleuré" (When Nietzsche wept) est une sorte de miroir subtil, éloquent et ludique. J'avais lu un article sur l'auteur, Irvin Yalom, dans la revue Psychologies dans laquelle il exposait son approche interventionniste dans les thérapies, approche souvent décriée par la profession. Ce psychiatre américain estime qu'il est important de manifester de l'empathie envers le patient et d'établir une relation de proximité avec eux... J'entamais donc son bouquin.
Ce roman imagine une rencontre passionnante entre Nietzsche et un docteur Viennois, à l'aube des premiers pas d'une cure par la parole: la psychothérapie et la psychanalyse. Le philosophe est tourmenté par des angoisses profondes et des migraines violentes. Le Dr Breuer, ami et prof du jeune Sigmund (Freud), lui propose son aide et entame une partie d'échecs de sorte que Nietzsche, le solitaire désabusé, se laisse approcher. Malgré les stratagèmes et résistances de chacun, ces conversations amènent les deux hommes à remettre en question leur rapport aux autres et à la vie, et pose la question du choix entre confort et vérité. Devenir soi, c'est un grand saut, un projet exigeant et éprouvant dont on préfère parfois nier la nécessité. A hauteur du courage et de la lucidité dont on est capable. Une quête relative à ce que chaque être est prêt à regarder, vivre et endurer. Et partager. En ce qui me concerne, je crois bien qu'il est temps.


... »
1 bah

l'insolence de l'age


L'Happy Hour est un moment bien singulier.
J'attends la bande depuis bientôt 1/2 heure. C'est bondé. Ambiance à moitié happy et pas tout à fait friendly...
D'accord pour reconnaître que le deuxième verre de Merlot aide.
Je regarde autour de moi mais mon champs de vision est soudainement parasité. Un monsieur d'une soixantaine d'années s'approche de moi. Trop près. Il me fixe avec un air auto-satisfait. Nullement flatté, je n'éprouve aucun plaisir à être sa proie. Je me dis que ma réaction immédiate liée à l'age est superficielle et intolérante, mais je perçois toutefois de l'insolence dans sa manœuvre assurée et présomptueuse. Il détache distinctement chaque syllabe, comme si chaque pause était censée laisser agir la subtile magie de ses charmes (au sens sortilèges bien-sûr) :
- Tu viens ici souvent ?
- Non.
- Et tu aimes bien cet endroit ?
- Pas particulièrement...
Il hoche la tête.
- Ah... et tu viens souvent ici ?
- Bah non.
Je me dis que je pourrais mettre fin à cette merveilleuse conversation en allant aux chiottes, mais j'en reviens à peine...
Mon envie de clope se fait plus irrésistible que jamais. Encore plus pressante qu'après un vol de 12 heures à l'autre bout du monde, justement l'endroit où j'aimerais être à ce moment précis. Je me vois alors contraint de respecter soigneusement l'interdiction de ne pas fumer dans un lieu public...
Dehors !
Mon verre de Merlot à la main. Ma clope dans l'autre. Et mon vieux Dom Juan hors de portée.
Seul, face à moi-même, et finalement, plutôt happy pour une fois.




lisa barel - faux-semblants
... »
3 bah

empire strikes back



Episode XXZVVIII

Dans la course aux élections municipales et après avoir fait approuver le traité de Lisbonne, le commandant Sark Vador ne veut pas perdre la main voire la face (mais ce serait difficile parce qu'on la voit beaucoup). La visite de l'Empereur Kadhafine à l'occasion de l'anniversaire de la Déclaration des Droits de l'Homme puis son récent mariage avec la princesse Carla ont malheureusement la(i)ssé un goût d'inachevé qui le firent chuter dans le côté obscur des sondages intergalactiques. En effet, les habitants de la planète Panamouine attendent impatiemment les mesures promises quant à l'augmentation de leur pouvoir d'achat. De plus, la rébellion menée par le fougueux Martin Hon Solo sème le trouble au sein des troupes de l'Unité de Manipulation Politique, et ce, malgré le soutien d'artistes de renom et de nombreux sénateurs favorables à l'Empire. L'aide de son jeune fils, le chevalier Jean Sarkwalker, lui sera sans doute providentielle, car la force est très puissante dans sa famille. Pourra-t-il remporter les élections avec sa liste dans cette lointaine bourgade de miséreux appelée Neuilly ? Révélera-t-il les secrets de sa lotion capillaire qui a conquis des milliers d'internautes à travers la galaxie ? Sera-t-il capable de nous "expliquer très clairement" l'art de la diversion puisque apparemment : "c'est très simple"... A suivre, forcément.
... »
0 bah

kill fish


Je passais un peu par hasard.
Prendre des nouvelles de Fish.
Le feuilleton à rebondissement prend des allures de règlement de comptes.
L'impossible choix entre Fish et Damon.
Nage en eaux troubles dans l'antre chaotique et maîtrisé d'une hydre aussi talentueuse que destructrice.
Cette quête est probablement sa force et son talon d'Achille.
Un miroir exigeant et fratricide que Fishturn soumet au regard tantôt dérouté, tantôt complice, de son lecteur-spectateur. Et par la même occasion, auquel il se retrouve soumis avec souffrance et délectation.
... »
1 bah

heaven...


Goût de Printemps et de renouveau.
Pas de bourasque de vent et de trombes d'eau en scoot.
Il fait beau, les parisiens retrouvent des couleurs et le sourire.
Moi aussi pour l'occasion, je ne peste pas en prenant mon café et ma clope en terrasse.
Stallone est increvable et égal à lui-même. Bon, peut-être pas en termes de volume labial mais il n'a rien perdu de son élan républicain.
Tout va bien dans le meilleur des mondes. Enfin presque...
Faut pas abuser non plus. Le beau temps ne va pas durer, il reste encore 4 ans et 3 mois avant les prochaines présidentielles et certainement 3 ou 4 autres opus de Rocky et de Rambo à venir.



ella & louis - cheek to cheek

Heaven...
I'm in Heaven
And my heart beats so that I can hardly speak
... »
0 bah

l'indolence de l'age



L'impitoyable vieux con et réactionnaire qui sommeillait (d'un œil) en moi a finalement sévi. L'inquiétude me gagne. Face à ces deux re-belles en herbe, que faire sinon soupirer de dépit et déplorer ces fautes impardonnables de goût comme cette maladroite tentative d'expression graphique. Look tecktonik et tag argenté, mon regard et cette malheureuse camionnette parisienne n'ont pas pu y échapper. La révolte de ces deux minets contestataires me laisse froid. Je ne vois pas... Je cherche pourtant un sens à ces multiples messages post-pubères mais ne trouve pas. Et voilà que je me replonge soudain dans mon adolescence : mon intérêt passé pour le Voguing, mon affection pour les jeans xtra-larges, l'insolence de quelques coupes improbables et l'intransigeance de mes utopies. L'autre côté du miroir est impitoyable. Mais l'apaisement me gagne.
J'avais oublié à quel point tout cela était loin. A quel point cette sensation de distance était justement appréciable. Enfin une réponse à mes angoisses métaphysiques quotidiennes relatives à l'age et la mort. En somme, le seul et réel intérêt dans la vieillesse, c'est de s'éloigner le plus possible de la puberté.
... »